L’Agrégateur – Roman de Jérôme Vuittenez

Agrégateur FilGB 2

Plus connu sous le nom de Merome en ces bas lieux.

Chose promise, chose due. Pour l’avoir désigné comme descendant de Mandela et de l’Abbé Pierre, Merome m’a donc demandé de lire son bouquin et d’en faire une note de lecture. C’était pas vraiment le but et puis bon, voilà quoi, je lui fais un compliment, en réponse il me donne du boulot. Bravo, bel esprit ! :)

En préalable, je dirais de L’Agrégateur qu’il s’agit d’une bouquin à lire de toute urgence si vous lisez et appréciez On refait le Blog de Merome. Explications…

Ce roman fait un peu moins de 300 pages, écrit assez gros, il se lit vite grâce à la qualité du style de l’auteur et la réflexion qu’il génère tout au long du déroulement de l’histoire.

L'agrégateur

Rapidement, le synopsis :

Un homme amnésique se réveille en prison. Il ignore qui il est et surtout ce qu’il a fait pour se retrouver dans une telle galère. Au gré des rencontres et des évènements qu’il vivra en prison, il va très lentement reconstituer des morceaux de son identité et de sa vie, pour au final, comprendre pourquoi il fut enfermé au grand dam de ceux qui ont voulu le faire taire par ce moyen.

Comme l’auteur le précise dans ses remerciements, l’histoire est contemporaine et même actuelle. Voire même franchement inscrite dans l’actualité !

Je vais commencer, comme d’habitude par les bémols que j’ai remarqués.

Premièrement, il y a certaines facilités dans le déroulement de l’histoire comme lors de l’évasion que j’ai trouvé un peu trop simple pour être crédible même si le processus qui y arrive est brillamment pensé.

Un détail aussi, j’ai remarqué une ou deux fautes, notamment dans les termes relatifs aux réseaux sociaux : « RetwEEter » et non « Retwitter ». Je n’ai pas noté les autres, si je les retrouve j’actualiserai.

Troisième bémol qui n’en est pas vraiment un, étant donné qu’il contribue grandement à l’intérêt de l’histoire et à la réflexion que le lecteur est supposé avoir à la lecture de l’histoire. C’est un bémol plutôt personnel et qui concerne le début du roman. Merome a utilisé les flash-backs durant les trois premiers quarts du livre. Je n’aime pas les flash-backs, je m’y perds vite. Et parallèlement, ils ne sont pas vraiment signalés ; il est donc parfois assez compliqué de s’y retrouver durant le premier tiers du roman.

Ca me semble important à signaler pour que les lecteurs qui attaquent le roman après avoir lu cette note de lecture éprouvent moins de difficulté que moi à avancer. Et pour ceux qui sont plus visuels, je propose un essai maladroit de graphique pour représenter cela :

Durant les trois premiers quarts, l’auteur alterne donc entre le moment présent et le passé du personnage principal, toujours en se rapprochant de plus en plus… du moment présent. Juste avant la « jonction » entre les deux plans temporels, les flash-backs se transforment même en explications du contexte relatif à la situation présente.

Mais voilà, comme je l’ai dit, au final, ces flash-backs servent amplement à l’interêt du livre. S’il n’y étaient pas, je pense que le roman serait beaucoup plus « plat » et lourd sur le début avec toute cette contextualisation d’un seul block, pas forcément passionnante si le lien avec la suite ne se fait pas. La seule critique possible peut être le fait que l’on s’y perds un peu au début et cela pourrait décourager certains lecteurs un peu flemmards.

Je suis curieux que Merome nous dise comment il a écrit ce bouquin. Je parie sur deux histoires liées mais écrites bien séparément qu’il a ensuite « distribuées » en morceaux chacune leur tour ou presque…

Hiiiii ! C'est moâ !

Ces histoires justement, Merome va m’engueuler de penser à ça, mais elles ressemblent fortement à un mélange autobiographique et une confession sur canapé auprès d’un psychologue de ce que l’auteur aimerait vivre dans les mois ou les années à venir.

L’Agrégateur est un roman à charge également envers les castes dirigeantes actuelles et une extrapolation à peine exagérée sur les méthodes possiblement employées par la DST et envers le manque de conscience professionnelle, voire la corruption, des médias.

L’Agrégateur est également un roman qui propose des solutions, des idées de mobilisation citoyenne. On y retrouve les marottes habituelles de l’auteur et principalement la dernière, que je partage en partie, soit : le vol du mot Démocratie par les élites gouvernantes.

Merome et Etienne Chouard le diront mieux que moi, le gouvernement représentatif dans lequel nous essayons de vivre et nous faire entendre n’est pas une démocratie. Le référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel de l’Europe était une parenthèse démocratique. Le ratification du Traité de Lisbonne quelques années plus tard par les parlementaires français est un vol oligarchique et totalitaire.

Non, L’Agrégateur ne parle pas du Traité Constitutionnel. Mais il parle de cette oligarchie au pouvoir et de la nécessité urgente de changer de système. Un processus selon moi déjà en marche et qui ne se fera pas en douceur.

L’Agrégateur est donc un livre incontournable si comme moi vous vous posez des questions sur le système sociétal en place actuellement et sur son évolution à court terme. Si comme moi, vous sentez un truc dans l’air… J’ai lu d’une traite en environ 3 à 4 heures la grosse deuxième moitié du bouquin. Il m’était simplement impossible de m’arrêter avant la fin.

J’en profite enfin pour vous conseiller de regarder et d’écouter cette intro d’une conférence d’Etienne Chouard. Au moins par curiosité, faites un effort. Vidéo de 14 minutes, certains trouveront ça long. Savez-vous que vous ingurgitez autant en publicité entre le journal télévisé de 20h de TF1 et le début du film ? Donc non, c’est pas long en fait.

Vous pouvez vous procurer L’Agrégateur ici et ici.

3 réponses à L’Agrégateur – Roman de Jérôme Vuittenez

  1. Stef dit :

    Pff j’ai pas encore pris le temps de le lire et vu comme je suis rincé en ce moment, ça va pas se faire rapidement.
    Par contre comme on est cités dans la page en photo, tu crois qu’on pourrait demander des royalties sur les téléchargements gratuits en .pdf ???? :)

  2. Merome dit :

    Merci pour ce retour, j’en ai trop peu :(

    Concernant les bémols en F :
    Facilités ? Je plaide coupable. Mais quand je vois certains films ou que je lis certains romans, je vois que je suis pas tout à fait ridicules.
    Fautes ? il en reste, oui. Pourtant deux correcteurs se sont acharnés dessus et en ont déjà enlevé pas mal. Mais j’en trouve aussi dans des romans « célèbres ».
    Flashbacks ? C’est pas très original, beaucoup de romans sont construits comme ça, et c’est une façon de tenir le lecteur en haleine. Je remarque que ça dérange surtout les lecteurs occasionnels. Ceux qui lisent beaucoup ne sont pas gênés par ça. Je me permets de te catégoriser dans les lecteurs occasionnels (comme moi qui lit très peu en somme), parce que ta remarque sur les 300 pages écrits gros, c’est typique du mec qui lit peu :) Je choisis les bouquins que je lis en fonction de leur taille, moi aussi :)

    Et pour répondre à ta question : le livre a été écrit dans l’ordre où il est présenté. En général quand je commence un bouquin, je n’ai qu’une vague idée de ce qui se passera à la fin. Je laisse vivre les personnages et ils font parfois des trucs étonnants :)

    Autobiographique, non. Le personnage principal est clairement inspiré d’Etienne Chouard, avec un brin de Maitre Eolas dedans. Des internautes autrement plus influents que moi. Mais c’est une vraie anticipation de ce que j’aimerais voir venir, oui.

    Merci encore pour y avoir consacré du temps et cet article.

    Stef : Ferme ta pharmacie un samedi et prend le temps de lire !

  3. Stef dit :

    Fermer un samedi ?? T’es pas fou ?

    Je peux le lire tranquille dans le bureau pendant que les autres bossent a la limite ! :)

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