Fête Nationale et gueule de bois

Au son du quatorze juillet,

Je reste dans mon lit douillet,

La musique qui marche au pas,

Cela ne me regarde pas.

Je ne fais pourtant de tort à personne en pionçant grassement jusqu’à 14 heures du matin ?

Oupi Oupi, c’est le 14 juillet, fête nationale de Français, célébrant une Révolution que des misérables ont lancé il y a 222 ans et que nous sommes incapables d’imiter de nos jours. Ouais, parce qu’on ferait bien tous la révolution mais pas demain, demain y’a L’Amour est dans le Pré et Secret Story 5.

Une révolution qui aurait pu être initiée en ce mardi 12 juillet 2011 si un animateur télé, devenu le plus crédible défenseur de l’écologie depuis 20 ans, avait été désigné pour être candidat à la Présidentielle. Mais non, on a préféré jouer perso et désigner une éminente représentante de la justice, probablement très compétente mais à l’élocution si hachée qu’elle ne dépassera pas 5% en avril 2012.

Les Français, même les plus conscients des enjeux du futur, sont un peu masochistes je crois.

Les écologistes sont venus chercher Nicolas Hulot. Comme il le disait très bien lui-même, il a plus à perdre qu’à gagner dans cette Primaire de l’Ecologie. C’est fait, il a perdu. On ne sait pas encore trop quoi mais il a clairement perdu une importante bataille de l’écologie politique, un concept probablement mort-né avec la désignation d’Eva Joly qui ne pèsera probablement pas lourd face aux Sarkozy, Hollande, Le Pen ou autres Mélenchon.

Tant pis, je voterai quand même pour le programme d’EELV, qui est un bon programme, le seul qui me semble cohérent et juste. Le seul qui ne me fera pas culpabiliser :

- en 2019 quand une vague migrante incompressible viendra se réfugier en France des aléas climatiques

- en 2026 quand une coupure de courant de 12 jours aura lieu en plein mois de janvier, la faute à l’arrêt par sécurité de la moitié des centrales nucléaires françaises suite à l’accident de niveau 7 ayant eu lieu l’année précédente à Fessenheim, 4 ans seulement après qu’elle ait reçu sa seconde autorisation contestée de fonctionner « sans risque ».

- en 2034 quand la France aura officiellement perdu des milliers de km² de surface face à l’engloutissement sous les flots de la Camargue et du rivage héraultais. Entre autres.

- en 2051 quand le plein d’essence coûtera 50 euros par litre

- en 2069 quand une expédition secrète rassemblera les 500 personnes les plus riches dans une navette spatiale à l’assaut d’une nouvelle Terre, Gliese 581C, à exploiter et polluer, laissant les autres s’entretuer pour un verre d’eau potable, ressource devenue rarissime du fait de la main mise des industriels sur les usines de retraitement.

- en 2072 quand la population de la Terre ne sera plus que de 300 millions du fait des pandémies et des cancers provoqués par une nourriture infestée de pesticides ou de produits chimiques et de l’air irrespirable qu’on a créé depuis 150 ans.

- en 2222 quand le dernier homme sur Terre chantera sa dernière chanson aux derniers rats qui voudront bien l’écouter :

Parce que très sincèrement, je ne crois pas que ça serve à grand chose de se réunir à 15 000 sur une place au milieu de Madrid en se baptisant les Indignés. Je ne crois pas que ça serve à quelque chose de voter pour le parti du Vote Blanc. Je ne crois pas que ça serve à quelque chose d’écrire notre mécontentement aux culs des bulletins de vote en avril 2012 et de susciter au mieux que le rictus des gugusses des mairies qui vont dépouiller les votes.

J’ai le gros défaut de ne pas aimer me faire dicter mes choix, ma vie. Raison pour laquelle, je m’intéresse à la politique, parce que je n’ai pas envie de mettre entre les mains de n’importe qui mon futur, celui de ma famille ou celui des mes potes. Le problème, c’est que si ma famille et mes potes se laissent faire, ça ne sert à rien. Si mes potes et ma famille ne s’intéressent pas à la politique et attendent qu’un journaliste à la con leur résume d’une part les programmes de chaque parti en 21 secondes et d’autre part prenne des heures et des heures à parler du menu de l’un, de la robe de l’autre, en appelant ça « émission politique », CA NE SERT A RIEN.

Cultivez-vous, instruisez-vous, analysez, investissez-vous, mais bordel, prenez en main votre futur un peu et utilisez les moyens existant pour vous faire entendre au lieu d’en inventer des farfelus. Les choix de sociétés passent et ont toujours passé par la politique. Sans s’y investir, sans devenir militant, la moindre des choses est de s’y intéresser pour à la fois faire le moins pire choix possible et aussi pour inciter les partis à revenir sur des sujets de société qui nous intéressent.

Une réponse à Fête Nationale et gueule de bois

  1. Tonytheo dit :

    J’aime bien ton coté alarmiste ^^

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